merci à Setad é Niavaran pour la photo
Lundi-25 mai 2009
On marchait comme d'habitude du lundi la distance entre l'Université et le
carrefour en parlant sur les sujets communs. Je m'abstenais notamment de ne pas mentionner ce que tout le monde en discutait ces jours-là: la politique, l'élection présidentielle, et tout ce qui
les concernait. Mon amie avait boycotté voter (on l'appelle rayé khâmouche = le vote éteint) comme selon elle cela ne serait pas un scrutin saint et de plus on ne devrait pas voter
au système qu'on n'y croit pas. Je disais que le moins possibilité d'efficacité de ce procès nous oblige d'y participer, et que faire quelque chose même si vain, est mieux de ne rien faire. On
avait déjà une longue discussion presque sans résultat et ainsi, la marche de lundi a passé sous le calme des ombres des platanes. Quand on séparait, une autre amie me donna un fin ruban vert, ce
qui était le symbole de mon candidat choisi. Je l'attachai tout de suite autour de mon poignet droite, comme un bracelet. On apercevait par-ci par là des gens, et plutôt des jeunes qui mettaient
l'habit vert, oui qui avaient un ruban autour du poignet, très moins nombreux en avaient le rouge ou en tricolore du drapeau de l'Iran, qui représentaient les deux autres candidat et je n'ai
jamais compris le signe du quatrième, certains disaient blanc, mais je n'en ai rien vu. En tout cas, ce coutume n'était pas très populaire à l'époque.
Je marchai un peu plus loin jusqu'au bord de la route pour prendre un taxi. Mon ruban vert ne pouvait pas être vu par les gens et les voitures qui traversaient tous de ma gauche. Le taxi démarre.
Ce jour ensoleillé passait en silence. En arrivant à la première rue principale, je vis deux voitures qui avaient un ruban vert attaché à l'antenne, l'autre au poignet des jeunes dedans. Le
garçon dans le Jeep montra avec le visage rigoureux le signe de la victoire qui se fait avec deux doigts, à la fille qui fit le même geste; les autres passagers de ces voitures étaient
restés silencieux, comme s'ils étaient pendant une émission particulière. C'était la première fois que je vis une telle communication, et je compris tout de suite la forte impression qu'elle
porte. J'étais assise près de la fenêtre gauche et donc mon ruban vert ne pouvait encore rien faire. Je fus tenté par cette illusion que la main droite est beaucoup moins vue que la main gauche.
Je continuai à découvrir d'autres signes politiques, mais une sorte de néant flottait dans l'air. La rue Vali-e-asr n'était pas bruyante comme toujours, les voitures ne klaxonnaient pas, personne
ne parlait dans le taxi, ni en dehors de la voiture. Ni le lecteur ni la radio n'étaient pas allumées, ni en dehors de la voiture. On passait et le silence s'allongeait trop. Je me doutais si
c'était vrai ou j'étais devenu sourde; en reprochant à la place de Tadjrich j'espérais entendre le moindre bruit et cela arrive, encore qu'il soit resté comme un murmure dans ce jour muet. Quand
j'étais dans un autre taxi, mon ruban vert fut enfin vu par ma voisine. Elle me raconta de son fils qui était lui aussi partisan de Moussavi, et comme il consacrait toute la journée à faire des
activités publicitaires pour lui. Ce jour-là il me parut l'extravagance et je dis que j'étais plus occupée que je ne pouvais faire rien de plus. Elle me confirma, elle ajouta qu'ils iraient voter
pour la toute première fois depuis l'évolution, et elle me demanda de continuer à toute activité que je puisse; c'est la sensation des jeunes qui peut allumer le feu.
à suivre...
La cour de "Bazar e Imam", Isfahan janvier
2009