Le soleil brillait comme presque toujours sur les
rues de Téhéran, mais malgré l'embouteillage et la population habituelle, ces rues bien qu'elles étaient situées au centre-ville, manquait de circulation humaine et de voiture. En passant un
rond-point et par voir la ligne de voitures de police garé au bord de la rue, nous avons reconnu le rapprochement de la préfecture de police. C'était 10 heures du matin et j'y étais pour prendre
une signature complémentaire d'un dossier de voiture. On a failli entrer, mais sur le coup le soldat devant la porte nous empêche de pénétrer.
-Personne n'est pas là !
-Nous avions rendez-vous à tout à l'heure.
-Je sais, mais personne n'est pas là, tout le monde est sur la réunion. Cela ne finit que dans une heure.
-C'est juste pour une signature.
-Mais tous ceux sont là pour une simple signature !
Répondit-il fatigué et un peu fâché ; et c'était le temps où j'ai aperçu des autres, cinq personnes debout tout près de nous, qui nous regardaient tous ensemble. Je
retourne mon visage au soldat. Il est placé dans une petite cabine, il porte un uniforme vert foncé, des bottes en vernis blanc qui montre ce soldat n'est pas à se déplacer ; il a un
fusil pendant son cou, les doigts très proche de la gâchette. Une femme commence à m'expliquer son affaire tordue qui s'est prolongé depuis l'été ; on l'avait reportée chaque fois à un autre
département pour de diverses signatures, un véritable témoignage de bureaucratie en Iran. On s'est mis à interroger le soldat : Quand la réunion se finit exactement, qui est-ce le chef de ce
département, est-ce que l'ancien chef était mieux ou pas... et toutes ces questions rendent ce soldat plus ennuyé et j'ai l'impression de l'ambiance des films bandits dans le moment où le
personnage fâché tire sur son entourage sans penser la suite, mais celui-ci nous étonne autrement : il prononce des mots très péjoratifs et des maudits aux chefs et ses supérieurs.
Après un silence court, les individus, la colère enlevée essaient de le consoler, peut-être pour diminuer sa culpabilité, peut-être de eux-même, et moi et mon père les laissons pour aller
prendre un café.
Après une demi-heure nous retournons. Tous sont encore là compris deux hommes aux cheveux blanches récemment arrivés. Une petite troupe s'est spontanément créée,
les adhérants critiquent les démarches administratives, la négligence de droits de l'homme et ces officiers à leur avis moins savants que ce soldat. Notre soldat, révolté, d'un air triomphant
rigole : "Le Hamas est plus important, le Gaza est plus important !"
Les discours suivants s'evanouient dans mes oreilles. Pour un instant, je me fais distraire par imaginer ce soldat insoumis dans un uniforme horizontalement
noir et blanche, son chapeau transformé et à la place de ces bottes blancs, une grosse boule en fer est chainée à ses pieds, qui montre ce soldat n'est pas à se déplacer.
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Mojgane azizam,
Je te comprends bien, mais il ne faut pas nous croire malheureux. Si les gens manifestent une telle indifférence, bien qu'au delà de leur critères infinis, c'est je pense à cause des bornes, et en plus ils sont déjà déçus après une telle révolution, il y a bien trente ans...